Souvenirs de Vineyard

1986-1994

De Cheryl Thompson

Directrice Générale - Strangers and Pilgrims

 

Les faire-part de mariage que nous avions expédiés avaient été conçus par nous-mêmes, préparés avec peine sur l'ordinateur Macintosh d'un ami, le premier que nous utilisions. Nous avions joint une vieille photocopie d'une carte expliquant où se trouvait l'église, sur une île du Lac Ontario, avec les horaires du ferry.

Steve et moi, nous avions eu notre premier rendez-vous sur l'île du Centre. Quand nous avons découvert qu'il y avait là une vieille église historique que nous pouvions louer pour notre mariage, nous avons été ravis.

Beaucoup d'amis et de membres de nos familles venus pour le mariage ne comprenaient pas ce que signifiait, pour Steve, le fait d'épouser une "Chrétienne née de nouveau." La plupart ne savaient même pas que lui-même avait donné sa vie à Christ pour toujours trois mois auparavant. En regardant en arrière, je vois que le marié et son épouse eux-mêmes ne comprenaient absolument pas ce que Dieu avait dans Sa pensée, en les unissant. En fait, nous sommes toujours en train de le découvrir ! Mais cela se passait il y a six ans.

La cérémonie commença par une musique non traditionnelle. Deux hommes se tenaient devant l'église et jouaient de la guitare, accompagnés par un enregistrement, lui aussi arrangé avec peine à la maison. Steve, mon mari, et Jeremy Sinnott allaient tellement bien ensemble ! Jeremy était le responsable de la louange d'une petite église Vineyard située à Toronto, créée à peine une année auparavant.

J'étais assise seule dans une petite salle annexe. Je priais, et je pouvais entendre les chants. Nous avions choisi une demi-douzaine de nos cantiques favoris.

"Béni soit Ton saint Nom, Seigneur Jésus. Je ne cesserai jamais de Te louer. Car Tu es le Messie, le Libérateur, le Saint d'Israël…"

"Béni soit Ton saint Nom, Seigneur Jésus. Il n'y a aucun autre nom par lequel nous puissions être sauvés. Car Tu es le Messie, le Libérateur, béni soit Ton Nom…"

Ou encore : "Ton amour, Ta puissance, Ta présence dans ma vie… Ton amour, Ta puissance, Ta présence dans ma vie… Et je veux t'adorer, de tout mon cœur. Et je veux T'adorer, de toutes mes forces, car Tu es mon Dieu… "

C'était un échantillon de la musique de Vineyard. La musique que j'aimais. La musique que le Saint-Esprit avait utilisée pour attirer Steve à Lui. La musique que j'avais entendue pour la première fois dans le Superdome de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, un an et demi auparavant, quand j'avais fait un pèlerinage personnel pour aller voir John Wimber. C'était la première fois que je le faisais pour moi-même.

Les voyages avaient toujours constitué pour moi le meilleur moyen de "thérapie spirituelle." Je ne l'aurais jamais reconnu lorsque j'étais plus jeune. J'avais 36 ans, et j'étais une rescapée de Los Angeles. J'avais vécu un an en Europe à l'âge de 19 ans. Quelques années plus tard, j'avais traversé toute seule les Etats-Unis au volant d'une vieille Toyota. J'avais ensuite pris l'avion, avec un simple sac à main, pour aller successivement à New York, à Washington et à Fort Lauderdale, en Floride, pour diverses liaisons romantiques vaines. J'avais alors près de trente ans. Finalement, j'avais fait mes bagages pour aller dans l'Ontario, au Canada, en 1980. Je savais que c'était ma dernière tentative de changer ma vie et de trouver le bonheur.

C'est alors que j'ai trouvé Jésus. J'ai aussi découvert le monde chrétien… Mais j'ai découvert que ce n'était souvent pas la même chose !

Un pèlerinage chrétien.

J'appartenais à une église Pentecôtiste, qui enseignait la puissance miraculeuse de Dieu et les dons du Saint-Esprit, mais qui n'en démontrait jamais aucune preuve. Puis je me joignis à un groupe "Parole de Foi." Ils prétendaient faire les mêmes œuvres que Jésus. Ils disaient qu'ils aimaient la Bible, et qu'ils la plaçaient au-dessus de tout. Au cours des quelques années suivantes, j'ai bien vu des choses surnaturelles, mais je n'ai pas vu beaucoup de la personne de Jésus. J'ai été très surprise, en étudiant un peu la Bible, de voir que les enseignants de la "Parole de Foi" tordaient la Bible qu'ils prétendaient révérer. Mes recherches m'apprirent qu'un "autre évangile" n'était pas seulement prêché du temps de Paul, mais aussi de notre temps (Galates 1:6).

Peu après, je tombai sur un exemplaire du livre de John Wimber "Power Healing" (La guérison par la puissance). Cela faisait trois ans que je cherchais un christianisme authentique. Il me sembla que je venais de le trouver. Voilà quelqu'un qui nous disait que les gens n'étaient pas automatiquement guéris quand on priait pour eux, qu'ils "s'emparent" ou non de leur guérison. Et que ce n'était pas le résultat de "péchés cachés" dans leur vie. Autrement dit, l'auteur ne condamnait pas quelqu'un qui priait pour sa guérison et qui ne la recevait pas. Pour moi, ce fut comme une bouffée d'air frais. Comme si un épais nuage lourd, oppresseur et même âcre, était parti de ma vie chrétienne. Comme je venais de Los Angeles, c'est une image qui me parle.

Pourtant, il était évident, d'après ses livres, que John Wimber savait que Jésus guérit aujourd'hui. D'après ma propre expérience, même si elle était courte, je savais moi aussi que c'était vrai. Même si beaucoup de doctrines du mouvement "Parole de Foi" sont fausses, en ce qui concerne la guérison, cela n'empêche pas la puissance miraculeuse de Dieu de se manifester, où et quand Il le juge bon.

Comme il est écrit dans Hébreux 13:8, "Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui, et éternellement."

Je voulais vivre la vie chrétienne décrite par John Wimber, la guérison par la puissance, et l'évangélisation par la puissance. Il disait dans "L'Eglise du Nouveau Testament" que les signes et les prodiges décrits dans le Livre des Actes ne se produisaient plus à cause du péché, des fausses doctrines, et du légalisme. Mais il faisait briller l'espoir que l'Eglise du XXe siècle pourrait surmonter tout cela, et vivre une vie chrétienne authentique, avec des signes et des prodiges, un amour sincère, et un impact réel sur la société qui améliorerait la vie de tous.

J'avais commencé à réaliser, dans les profondeurs de mon âme, que Dieu m'avait littéralement sauvé de l'enfer. Que vous le croyiez ou non, cette vérité évidente ne se fit jour en moi que graduellement. Elle ne m'avait pas été prêchée. On m'avait juste dit qu'il me fallait recevoir ce que le Saint-Esprit voulait me révéler quand je lisais ma Bible. Avec cela, je compris que le fait d'être Chrétien signifiait que je devais faire quelque chose pour évangéliser les autres, afin qu'eux aussi, par la grâce de Dieu, échappent comme moi à l'enfer.

À ce moment-là, j'étais prête à dire au Seigneur : "Envoie-moi !" Mais j'avais été déçue de voir mes amis de "Parole de Foi" et des églises pentecôtistes qui ne semblaient pas savoir comment annoncer Jésus. Lorsqu'ils essayaient de le faire, ils semblaient même ne pas être à l'aise et traîner un fardeau. Quand je commençai à analyser l'évangile superficiel qu'on leur demandait de communiquer, et quand je vis l'absence de joie et de paix dans leur propre vie, je fus découragée. Mais la Parole de Dieu était claire pour moi. S'il fallait que j'avance seule, je le ferais. J'avais déjà commencé à mettre cela en pratique quand Vineyard entra dans ma vie.

Est-ce que les gens de Vineyard mettaient l'accent sur l'évangélisation ? Je pensais qu'ils le faisaient. Mais je ne tardai pas à découvrir qu'ils étaient animés par une mentalité "bénis-moi," "étonne-moi," "guéris-moi," "fais-moi du bien…" C'était un cycle sans fin. Les efforts d'évangélisation étaient l'exception, pas la règle. Pire, il devint évident qu'ils étaient motivés par le désir de quelque chose qui s'appelait "croissance de l'église." Ils en parlaient souvent. Ils ne semblaient pas se préoccuper du simple et pur amour des âmes, source de toute véritable évangélisation. Le diable sait que ce genre d'amour est invincible. Il gagne des âmes. Rien d'autre ne peut le faire.

Vineyard et les phénomènes surnaturels.

John Wimber vint animer à La Nouvelle-Orléans un "séminaire sur le Saint-Esprit," lors de la Conférence Interdénominationnelle sur le Saint-Esprit et l'Evangélisation Mondiale. C'était en 1987. À cette époque, le mouvement Vineyard regroupait plus de 300 églises aux Etats-Unis. John Wimber était l'un des principaux orateurs de cette conférence. Il y avait aussi Jamie Buckingham, Charles et Frances Hunter, Reinhard Bonnke, Kenneth Copeland, et une douzaine d'autres "grands noms." Chaque après-midi, John Wimber avait le grand auditorium du Superdome pour lui tout seul. Les foules étaient maigres, mais elles grandissaient sans cesse. Ce dont je me souviens le mieux de ces réunions, c'est le "moment du ministère."

Ce moment semblerait bien familier à beaucoup de gens aujourd'hui. C'est la technique Vineyard habituelle. Les églises Vineyard locales avaient envoyé des équipes de collaborateurs à la conférence. Quand John Wimber commençait à dire du haut de l'estrade : "Le Saint-Esprit est présent. Il passe dans cet auditorium…", ces collaborateurs, munis de badges permettant de les identifier, s'approchaient de tous ceux qui semblaient recevoir un attouchement surnaturel de Dieu, ou qui leur demandaient de prier pour eux. Ils étendaient leurs mains à quelques centimètres de la tête de ces gens, ou de l'endroit qui avait besoin de guérison, et ils priaient. Souvent, ces gens tombaient dans le "repos de l'esprit." Ils restaient étendus à terre, dans un état de conscience qui me semblait second. Plusieurs minutes plus tard, quand ils se relevaient, ils étaient embrassés par les collaborateurs. Ceux-ci semblaient très sincères et attentionnés dans tout ce qu'ils faisaient. J'étais impressionnée.

Mais je me rappelle aussi que vers la fin du premier sermon de John Wimber, une femme a commencé à crier. Elle était assise juste à côté de l'estrade, et elle commença à crier, à se lamenter et à gémir par intermittence. Je savais, par ses livres, que John Wimber chassait les démons. Mais, à ma grande surprise, il ignora complètement cette femme. Tout le monde l'ignora. Wimber acheva son message. La foule se dispersa le temps d'une pause. Quand nous sommes retournés dans l'auditorium, la femme était partie. Sur le moment, je conclus que John Wimber, par le discernement du Saint-Esprit, avait été conduit à laisser cette femme seule. Peut-être n'avait-elle aucun démon, et moi j'étais inexpérimentée. Peut-être que quelqu'un avait prié pour elle. Cela a peut-être pu se passer ainsi. Mais je sentis pourtant une froideur et une insensibilité de la part de Wimber. Il était clair qu'il prenait ses distances par rapport aux gens, même dans des conversations informelles. Je l'observai de près au cours de cette conférence, comme au cours d'une autre conférence en Angleterre, une année plus tard.

Un an plus tard, je m'étais jointe à l'église de John Arnott à Toronto. Cela me plaisait beaucoup, sauf que je m'étonnais que si peu de gens dans cette église avaient lu les livres de John Wimber, ou connaissaient un tant soit peu le Mouvement Vineyard, auquel ils s'étaient pourtant joints. On ne parlait jamais des bons enseignements des livres de John Wimber. Peu à peu, il fut clair pour moi que ce que je considérais comme le quartier général du Mouvement, à Anaheim, en Californie, n'avait qu'un contact superficiel avec Arnott. Les orateurs venant des Etats-Unis, appartenant pour la plupart à des églises Vineyard du Nord-Est, disaient que le Mouvement Vineyard n'était pas une dénomination structurée, mais avait grandi par le développement d'églises satellites, qui étaient restées assez indépendantes dans leur approche comme dans leurs activités.

Ce fut là, en 1987-1988, que je vis pratiquement fonctionner une Assemblée Vineyard. Il y avait des gens très gentils et très bien intentionnés qui priaient pour les malades, pour ceux qui avaient des problèmes émotionnels, et pour ceux qui étaient oppressés par des esprits démoniaques. Ils priaient parfois avec discernement, parfois sans. Ils priaient parfois avec puissance, parfois sans. Je remarquai qu'il y avait quand même que quelque chose manquait dans la formation des disciples. Chacun faisait en fait ce qui lui semblait bon.

Un problème de style de vie.

Peu après mon mariage avec Steve, au cours d'une conversation, Arnott mentionna brièvement que certains des plus proches associés de Wimber à Anaheim avaient été trouvés coupables de graves manquements à la morale, et avaient quitté le ministère. Manifestement, l'église d'Anaheim avait été profondément secouée par ces événements. Wimber lui-même ne pouvait comprendre ce qui s'était passé. En l'espace de quelques années, un prophète moderne nommé Paul Cain vint régulièrement à Anaheim, et commença à révéler encore plus de péchés au sein de l'équipe dirigeante. Il prétendit révéler cela par des révélations du Saint-Esprit et des paroles de connaissance. Wimber s'appuya de plus en plus sur le ministère de Cain au cours des quatre années suivantes.

La multiplication de ce genre de problèmes dans le Mouvement Vineyard aurait dû me toucher profondément, mais ce ne fut pas le cas. J'étais trop impliquée pour voir la vérité. Même si je l'avais vue, j'aurais résisté pour ne pas l'accepter. En fait, au cours de mes fiançailles avec Steve, pendant la brève période de trois mois qui suivit sa conversion, je me sentais très inquiète. Après cinq années d'expériences très confuses dans le monde, mes manières de penser étaient encore très influencées par le monde. Dès que nous avons été fiancés, nous nous sommes mis immédiatement en ménage. Il me semblait que si nous ne le faisons pas, notre relation allait être en danger. Ceci vous prouve à quel point je faisais peu confiance à Dieu à cette époque. De même, je dois honnêtement dire que je n'avais jamais entendu dans aucune église un message clair et sans compromis pour avertir les célibataires chrétiens de ne pas commettre le genre de faute que j'ai commise. Bien sûr, je savais que j'étais dans mon tort. Mais les mensonges du diable avaient porté : "Cela n'a pas réellement d'importance !" Personne dans le Mouvement Vineyard ne nous a jamais rien dit à ce sujet.

Un mois et demi avant le mariage, nous nous sommes installés dans une maison que nous avions louée, et qui était directement en face de celle de notre ami Jeremy Sinnott, le responsable de la louange de Vineyard. Il était marié et avait trois petits garçons. Notre style de vie était évident. Nous fréquentions une cellule de maison chez Jeremy, une fois par semaine.

Personne, dans notre église Vineyard de Toronto, nous a jamais conseillé au sujet de la manière dont nous vivions. Il n'y a jamais eu même un murmure de désapprobation. Après notre mariage, cette situation étrange demeura, mais je gardais ces choses dans mon cœur. Dieu bénit Steve et notre union. Mais aujourd'hui, je ne laisserais jamais aucun couple vivre ce que j'ai vécu, sans lui donner un conseil spirituel, et sans me sentir obligée de lui faire part de la désapprobation de Dieu. Mais je réalise à présent que le Mouvement Vineyard est connu pour être assez laxiste dans ce domaine. Dans son livre "No Compromise" (Pas de compromis), Keith Green affirme qu'il a eu des problèmes similaires avec Vineyard à Los Angeles, au début des années 70.

Des fondations dangereuses.

Dans notre église Vineyard, l'enseignement ne mettait pas assez l'accent sur la Bible et sur les principes fondamentaux de l'Ecriture. Dans mon état de développement spirituel, j'espérais qu'ils l'auraient fait. Après mon mariage, je vis que mon mari s'intéressait de plus en plus à la musique de Vineyard. Il passait un temps considérable dans les répétitions, alors que la Parole de Dieu restait négligée.

Puis on a programmé une série de nouveaux séminaires, pour tous les membres de l'église qui voulaient faire partie des "responsables." Je fus choquée de voir que certains des enseignements qui leur étaient donnés étaient les mêmes que ceux qui m'avaient été donnés dans le Mouvement "Parole de Foi." Il fallait apprendre à "visualiser" Jésus, afin de pouvoir chaque jour recevoir de Christ nos "rhémas" particuliers, c'est-à-dire les paroles personnelles qu'Il voulait nous donner. Nous pouvions ensuite écrire ces paroles dans un journal. Dans les années 60, quand j'étais à Los Angeles, j'avais lu suffisamment d'articles sur les perceptions extrasensorielles et sur les phénomènes occultes, pour reconnaître dans ces enseignements les moyens de pratiquer "l'écriture automatique."

Quand je fis part à John Arnott de mes inquiétudes, il les balaya d'un revers de main. Il me dit que s'il y avait quoi que ce soit de mauvais dans les enseignements que nous devions suivre, il s'en occuperait dans les réunions, si le besoin s'en faisait sentir. Aujourd'hui encore, les auteurs de ces cours, Mark Virkler et d'autres, sont toujours invités comme orateurs dans le Mouvement Vineyard.

C'est avec beaucoup de regrets et de tristesse que Steve et moi avons décidé de quitter notre église Vineyard de Toronto. Nous y avions des amis proches. Mais quand nous avons été témoins que John Arnott et sa femme approuvèrent une sœur qui prétendait avoir reçu de Dieu la révélation qu'elle devait quitter son mari, parce qu'il était comme une pierre autour de son cou, je compris qu'il était temps pour nous de partir. Non sans avoir reproché à John Arnott son attitude, dans une lettre écrite en 1989, à laquelle il n'a jamais répondu. J'adressai une copie de ma lettre à d'autres responsables de l'Eglise Vineyard de Toronto. Aucun d'eux ne me répondit.

À cette époque, à Toronto, il n'y avait encore personne qui "aboyait comme un chien." On n'entendait personne faire le cochon ou le lion. Du moins pas à Toronto. Mais ces choses ont commencé à se produire dans l'Ouest du Canada, au milieu des années 80. Une série de douze cassettes avaient été diffusées par le Mouvement Vineyard de Californie, sous le titre : "Démonisation I et II." J'avais encore ces cassettes en ma possession, il y a quelques mois, lorsque nous avons déménagé. Malheureusement, je les ai jetées à ce moment-là. J'aurais au moins dû garder l'une de ces cassettes. C'était un enseignement sur le combat spirituel, donné par un couple de Californie, qui a divorcé peu après, et dont les enseignements ont été retirés du catalogue Vineyard, il y a quelques années. Dans ma frénésie, au moment du déménagement, je n'ai même pas pris note de leurs noms, et je l'ai regretté. J'aurais dû conserver cette cassette, parce qu'elle relate des expériences vécues par ce couple dans leur ministère, au cours d'un voyage, sans doute à Calgary ou à Edmonton, bien que la ville canadienne n'ait pas été nommée précisément. Ils disaient que, sous la puissance du Saint-Esprit, une bonne partie de l'assistance a commencé à aboyer comme des chiens, à grogner comme des cochons, ou à faire d'autres cris d'animaux. Ils n'avaient jamais rien vu de semblable. Le mari, qui enseignait et qui était enregistré sur cette cassette, expliquait qu'il croyait que toutes ces manifestations de cris d'animaux étaient d'origine démoniaque. Il croyait que les églises du Canada étaient fortement influencées par des puissances démoniaques. Il croyait que ceci était essentiellement causé par le refus des églises canadiennes de s'opposer aux œuvres de Satan. Il lui semblait qu'un pacte spirituel avait été en quelque sorte conclu entre les églises chrétiennes du Canada et les puissances des ténèbres.

Ouf !

Je ne sais pas si cette explication est la bonne. Mais je ne peux pas non plus refuser de considérer cette explication. Ce que je peux dire, c'est qu'il y a dix ans, dans une église Vineyard du Canada, toutes sortes de cris d'animaux se sont produits. À l'époque, le Mouvement Vineyard reconnaissait ces phénomènes comme étant d'origine démoniaque.

Le combat spirituel.

J'avais déjà vu des choses spectaculaires se produire au cours de conférences Vineyard. Au début de l'année 1988, avant de rencontrer mon mari, j'étais allée en Angleterre pour assister à la conférence sur le Combat Spirituel qui se tenait à Brighton. Je fus très déçue de voir qu'aucun enseignement n'a été donné sur la délivrance. J'avais pourtant traversé l'Atlantique et pris une semaine de congé, dans l'espoir de recevoir une formation qui me permettrait d'aider les gens. Quand le Saint-Esprit est à l'œuvre, les puissances démoniaques des ténèbres copient les manifestations divines pour les contrefaire, séduisent et trompent les ignorants, et tourmentent sans merci tous ceux qui sont vulnérables à des attaques personnelles. Le ministère de délivrance est vital aujourd'hui, tout autant que du temps de Jésus ou de l'apôtre Paul.

Cette conférence aurait dû s'intituler : "Conférence sur la guérison intérieure." On a complètement négligé de parler des phénomènes démoniaques. Encore aujourd'hui, quand John Wimber parle de combat spirituel, il explique que le fait de "lier l'homme fort" n'a rien à voir avec la délivrance, et que les Chrétiens n'ont pas l'autorité de lier ou de délier quoi que ce soit. Je compris alors que ma toute première explication de son comportement était juste, quand je le vis ignorer cette pauvre femme qui criait, à La Nouvelle-Orléans.

Qu'en est-il donc de tous ces gens qui crient à l'Eglise Vineyard de Toronto, depuis bientôt un an ? Ont-ils reçu le moindre secours ? Avaient-ils au départ des problèmes "spirituels" ? Ou ont-ils commencé à avoir des problèmes spirituels, grâce aux "services" que leur a rendus l'église Vineyard ?

Dans tout ce que j'ai vu en Angleterre, ce qui m'a le plus troublée a été l'ambiance de carnaval entretenue par John Wimber alors qu'il "exerçait son ministère dans l'Esprit." Il me sembla que Wimber, en les pointant publiquement du doigt, avait tendance à ridiculiser certaines personnes dont le corps tremblait fortement, ou qui se comportaient d'une manière complètement bizarre et anormale.

Incroyablement crédule, je suis quand même revenue à Toronto après cette conférence, pour être mariée par le pasteur de Toronto, et continuer à fréquenter l'église avec mon mari pendant plusieurs mois.

Je partage avec beaucoup de gens une faiblesse humaine très répandue. Il nous est très difficile de tirer des conclusions objectives de nos propres observations, quand ces conclusions contredisent une forte idée préconçue que nous pouvions avoir envers quelqu'un ou quelque chose que nous n'aimions pas dans le passé. J'étais émotionnellement engagée dans le Mouvement Vineyard. Il a fallu que je sois confrontée avec de nombreux faits évidents, avant que je commence vraiment à me poser des questions, et à agir conformément aux réponses qu'il a bien fallu que je fasse, même si elles n'étaient pas agréables.

De plus en plus de documentation produite par Vineyard.

En 1990, un groupe appelé "La Communauté de Kansas City," fortement liée au prophète Paul Cain, s'est affilié au Mouvement Vineyard. Un jour, mon mari et moi nous avons reçu des documents concernant Vineyard et la Communauté de Kansas City, parus dans une publication appelée "Media Spotlight. Le récit de mes propres craintes concernant le Mouvement était à l'impression. Il fut très instructif pour nous de partager ces documents avec des pasteurs associés à Vineyard.

En 1990, l'un de mes amis, David Van Essen, était en train d'organiser une église Vineyard au centre ville de Toronto. C'était un pasteur Baptiste qui avait travaillé plusieurs années avec une grande consécration dans une mission de Parkdale, l'un des faubourgs les plus pauvres de Toronto. Steve et moi sommes allés à la réunion inaugurale. Nous avons découvert qu'un pasteur Vineyard nommé Wayne Coombs allait prendre la direction de l'église, et que notre ami David Van Essen serait son assistant. Coombs se vanta ouvertement de ses succès en tant qu'intermédiaire de spectacles à Los Angeles. Comme je venais moi-même de Los Angeles, et que j'y avais travaillé dix ans dans des agences de production de télévision et de recrutement d'artistes, je le connaissais déjà de nom. Personnellement, en tant que Chrétienne, j'avais honte de mon passé dans le "show biz," pour de bonnes raisons. Alors qu'il y avait là un pasteur qui se vantait d'un tel passé dans la brochure d'une église. En fait, il avait encore l'allure d'un agent de Hollywood des années 70, vêtu d'un complet avec chemise pastel au col ouvert, et chaîne en or.

Notre ami David avait fait venir certains des membres de son assemblée de Parkdale. C'étaient des personnes plutôt âgées, bénéficiaires de l'aide sociale ou anciens pensionnaires d'établissements psychiatriques. Ils semblaient déplacés dans ce milieu. Je me faisais du souci pour David et pour eux. J'ai donné à lire à David notre documentation Media Spotlight. Mais il ne m'en a jamais reparlé. Pourtant, une année auparavant, il m'avait parlé franchement des doutes qu'il avait concernant le Mouvement Vineyard. Il se proposait alors de "vérifier tout cela." Mais il avait passé avec sa famille cinq semaines dans la Communauté de Kansas City, et il n'avait plus de doutes. Moins d'un an après, notre ami David avait quitté l'église baptiste de Parkdale, avait quitté Toronto, et travaillait comme Pasteur des enfants dans une église Vineyard de Cambridge, dans l'Ontario. Il travaille à présent dans l'aide sociale dans la Colombie-Britannique.

Deux ans après le départ de Toronto de notre ami David, l'église du centre ville se disloqua. Wayne Coombs n'exerce plus de ministère de pasteur, mais dirige une organisation qui aide les Américains à adopter des orphelins d'Europe de l'Est. Pourtant, il avait dit que son équipe Vineyard de Californie avait reçu de "puissantes paroles prophétiques" du Seigneur pour implanter cette nouvelle église au centre ville de Toronto.

Nous connaissions un autre pasteur de l'Ontario, qui vint s'associer à l'église Vineyard de l'Aéroport de Toronto. Il s'agissait de Steve Hill. Hill était bien connu à Toronto comme pasteur très actif dans le Mouvement Pro-Life (Mouvement anti-avortement). En 1991, il avait envoyé un groupe d'adolescents de son église à la Communauté de Kansas City. Nous lui avons envoyé notre documentation Media Spotlight. Quelques mois plus tard, nous l'avons rencontré par hasard dans une manifestation Pro-Life. Nous avons été très choqués et embarrassés de le voir commencer à nous invectiver en public. Il nous accusa devant tous d'avoir osé critiquer des gens qu'il estimait tant. Nous n'avons pas répliqué et nous sommes partis. Nous ne voulions surtout pas commencer à discuter avec lui publiquement, au coin d'une rue, alors que nous étions tous censés proclamer Jésus et le caractère sacré de la vie avant la naissance.

Vers la même époque, nous avons reçu un appel téléphonique de l'Etat de New York, d'une femme que nous ne connaissions pas. Elle nous a dit qu'un ami commun lui avait donné notre numéro, parce qu'il savait que nous avions été associés à Vineyard. Elle venait d'arriver à Toronto, et nous demanda si nous pouvions l'aider. Elle nous dit aussi qu'elle avait un ministère prophétique, qui lui avait été puissamment confirmé à la Communauté de Kansas City. Je lui fis alors part de nos inquiétudes concernant ce groupe, et de nos récentes recherches sur les contrefaçons démoniaques des manifestations divines. Elle se mit aussitôt dans une violente colère, et nous dit que nous ferions mieux de faire attention, mon mari et moi. Je venais juste de lui dire qu'il se remettait juste d'une fracture du poignet, à la suite d'une chute de bicyclette. Elle nous fit alors cette menace : "C'est sa jambe qu'il va se casser maintenant !"

Cela ne m'a pas fait plaisir d'entendre cela ! Mieux, je ne l'ai pas crue. Et cela ne s'est pas produit. Voilà pour les prophéties par téléphone !

Notre soirée à l'église de l'Aéroport de Toronto.

Sans une direction claire du Seigneur, Steve et moi nous ne serions jamais retournés à l'église Vineyard de l'Aéroport de Toronto, au cours de l'automne 1994. Nous avions entendu parler depuis le printemps de ce qui s'y passait, mais nous étions d'accord pour ne pas y aller.

Mais un couple de Chrétiens que nous connaissions étaient très troublés par ce qu'ils avaient vu là-bas. Ils nous demandèrent notre avis. Ils décrivirent une nouvelle technique de prière, où l'on traçait des cercles en l'air, ainsi que certains enseignements, qui nous apparurent comme étant directement inspirés par des pratiques occultes venant de l'Inde.

Depuis quelque temps, nous faisions Steve et moi un travail d'évangélisation dans tout l'Ontario, et nous rencontrions beaucoup de gens qui étaient intéressés par ce qui se passait à l'Assemblée de l'Aéroport. Steve et moi, nous évangélisons dans la rue. Nous nous installons dans les parcs, sur les plages, au coin des rues très passantes, partout où une foule peut être contactée. Nous leur chantons nos cantiques, du Gospel Country, et de la musique chrétienne contemporaine. Pendant que nous chantons, le Saint-Esprit donne une conviction de péché à certaines personnes. Quand ils donnent leur témoignage, par la suite, je réalise qu'il s'agissait d'une œuvre miraculeuse. Nous prions pour eux, nous leur donnons de bons traités, et des Bibles gratuites. Nous n'acceptons pas de dons. C'est le Seigneur qui nous récompense. Nous faisons cela chaque week-end, du printemps au début de l'automne.

Au cours de l'année écoulée, nous avons rencontré tellement de gens qui nous ont parlé du Mouvement Vineyard, que nous avons rédigé un petit traité à leur intention. Nous l'avons intitulé : "Ne riez pas !" Mais nous n'avions aucune intention de nous rendre nous-mêmes à l'église de Toronto.

Finalement, un journaliste non-chrétien que Steve connaissait dans son travail lui demanda son opinion sur le Mouvement Vineyard, parce qu'il était en train d'écrire un article pour un journal de Londres. Cet homme n'avait pas accepté notre témoignage chrétien pendant des années. Et voilà qu'il se préparait à visiter une église, une église Vineyard ! Steve voulait pouvoir lui dire qu'il avait assisté lui aussi à l'une de ces réunions, afin de pouvoir lui annoncer une nouvelle fois l'Evangile, et pour l'aider à comprendre ce qu'il aurait vu.

Nous sommes donc retournés à l'église un dimanche soir, après avoir chanté pendant une heure dans la voiture, tout au long du trajet.

Je vis des manifestations qui ne m'ont pas surprise. Elles étaient très semblables à celles que j'avais déjà vues à La Nouvelle-Orléans, en Angleterre, et même auparavant à Toronto, sauf qu'elles étaient plus violentes. Au lieu du "rire dans l'esprit" un peu bête et drôle de 1988, c'étaient à présent des caquètements et des hululements. Ils appelaient cela "le rire saint." En 1988, les gens restaient assis sur leurs sièges et se contentaient de se tenir les uns aux autres en se balançant ensemble. À présent, leurs mouvements étaient ceux de malades mentaux. J'avais déjà vu des enfants autistes dans un film. Je pensai à eux en voyant certaines personnes hébétées au fond de la salle, qui se frappaient sans cesse la tête sur le mur qui était derrière elles. D'autres étaient très agités et parcouraient la salle sans savoir où ils allaient, sans cesser d'agiter violemment les bras.

En 1987, Wimber se servait quand même de la Bible pour prêcher et les gens écoutaient, même s'ils reconnaissaient plus tard en privé qu'il était trop long, parce qu'ils attendaient impatiemment que le "moment du ministère" commence. À présent, ce soir-là, le pasteur Vineyard invité à prêcher ouvrit sa Bible, et commença à se moquer de ce qu'il allait faire. Il dit en ricanant : "Bon, il va bien falloir que j'ouvre ce Livre, à un moment ou à un autre !" Les gens ont commencé à rire.

L'Assemblée Vineyard de l'Aéroport de Toronto est un centre d'attraction mondial. Mais quand un pasteur Anglican charismatique, David Pytches, invita Wimber et son équipe en Angleterre, au début des années 80, il se produisit beaucoup de ces réactions surnaturelles. Le fameux "Mouvement des Eglises de Maison" avait déjà commencé à fonctionner en Angleterre d'une manière indépendante, des années avant la visite de Wimber. Aujourd'hui, les gens ont oublié cela, ou n'établissent aucun rapport étroit entre ces choses.

Ces manifestations surnaturelles n'ont pas provoqué de réveil en Grande-Bretagne. Les équipes Vineyard ont pourtant fait des dizaines de visites en Angleterre au cours des 15 dernières années. Malgré cela, le Mouvement Vineyard dans ce pays est resté relativement inconnu, touchant à peine à ce que l'on pourrait appeler un réveil authentique à l'étranger. À présent, les Chrétiens anglais viennent à Toronto à la recherche du Réveil. Beaucoup d'entre eux sont jeunes et ne réalisent pas que ce qu'ils voient au Canada n'est qu'une reprise d'un morceau qui a été bien souvent joué ici depuis 1981, quand John Wimber a commencé ses réunions dans ce pays.

Il est clair que les gens ont faim de Dieu. Ils sont sincères dans leur recherche d'une marche plus proche de Lui. Mais ils sont en train d'être séduits, comme c'est bien souvent le cas, par leur impatience. Ce sont les individus qui intéressent d'abord le Seigneur. Ensuite, Il leur demande de témoigner à d'autres individus et d'en faire des disciples. Il peut alors les oindre pour le service, si c'est Sa volonté. C'est un processus. Cela peut prendre un, deux, ou trois ans, ou même davantage. Il n'y a pas de raccourcis !

Aucun passage de la Bible ne décrit, même approximativement, ce que tous les visiteurs de l'Assemblée Vineyard de Toronto peuvent voir, dans ce qui n'est qu'une caricature d'assemblée chrétienne.

Il est écrit dans 1 Cor. 14:31-33 : "Car vous pouvez tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés. Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ; car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix, comme dans toutes les églises des saints."

Non, Dieu n'est pas l'auteur de la confusion. Il peut y avoir de l'activité, des cantiques de louange fervents, des prières à haute voix, mais dans la décence et l'ordre, qui traduisent la beauté spirituelle. Tous les croyants présents reconnaissent alors que c'est Dieu Lui-même qui est présent au milieu d'eux.

Dans 1 Rois 22 nous lisons l'histoire d'un esprit de mensonge envoyé par Dieu dans la bouche d'un faux prophète. Dans Amos 5:23 et 6:5, nous voyons que Dieu hait la musique douce jouée par des hypocrites. La Parole de Dieu dénonce constamment les faux prophètes et les faux sacrificateurs.

"Ils arrivent, les jours du châtiment, ils arrivent, les jours de la rétribution : Israël va l'éprouver ! Le prophète est fou, l'homme inspiré a le délire, à cause de la grandeur de tes iniquités et de tes rébellions" (Osée 9:7).

Où tout cela nous mène-t-il ?

Il y a un compositeur dont la musique a été grandement utilisée dans le Renouveau anglais. Il s'agit de Graham Kendrick. Ses compositions sont utilisées par Vineyard aux Etats-Unis et au Canada. Ils donnent l'impression que Kendrick appartient à leur mouvement. La musique de Kendrick est régulièrement jouée dans les "Marches pour Jésus," dans le monde entier. Dans de nombreuses villes, les équipes Vineyard coordonnent ce qui est présenté comme un témoignage de foi en Jésus-Christ, et l'occasion de réunir de nombreuses églises et dénominations. En s'impliquant des les "Marches pour Jésus," Vineyard se fait de plus en plus accepter par de nombreuses églises. C'est une tactique efficace.

Le mot "tactique" est bien celui qu'il faut employer, bien qu'il puisse sembler un peu dur pour certains.

Rick Joyner est l'éditeur de la revue Morningstar (Etoile du Matin), publié à Charlotte, en Caroline de Nord. Il est associé à Paul Cain, à Francis Frangipane et à d'autres "prophètes" de Kansas City. Mike Bickle, Pasteur de la Communauté de Kansas City, écrit souvent des articles dans la revue de Rick Joyner. En 1992, Morningstar a publié un article (dans son N° 3, Vol 2), rédigé par Rick Joyner et intitulé : "Une vision des douze cités."

L'un de mes amis m'abonna à la revue Morningstar, sans savoir ce que je pensais de la communauté de Kansas City. J'ai pu ainsi lire divers articles dans tous les numéros, et noter les passages contraires à l'Ecriture. J'ai pu ainsi noter en marge de l'un des articles : "C'était un vrai combat de me forcer à lire jusqu'ici !" Je faisais référence à la tension que je ressentais en lisant des documents qui me semblaient être délibérément truffés d'erreurs, le tout au nom de Christ.

Dans "Une vision des douze cités," Joyner expose la tactique utilisée par Vineyard et ses groupes dérivés pour infiltrer et contrôler toute la communauté chrétienne des Etats-Unis et du Canada.

"Les conférences sont un élément essentiel de la stratégie du Seigneur dans les temps de la fin," écrit Joyner. "Elles sont comparables à l'ordre donné par le Seigneur à Israël de monter trois fois par an à Jérusalem pour célébrer Ses fêtes."

Les organisateurs des conférences Vineyard prennent leur tâche très au sérieux ! Vous remarquerez toutefois que beaucoup de ces conférences ne sont jamais annoncées comme des conférences Vineyard.

Selon les termes de Joyner, ces conférences générales annuelles doivent se tenir dans chacune des 12 plus grandes villes américaines, situés de manière stratégique et choisies pour leur position géographique et leur impact démographique. Selon lui, "ces conférences doivent finir par attirer des multitudes de Chrétiens, de tous les courants actuels de la chrétienté, et des groupes indépendants."

Chaque conférence générale doit ensuite "engendrer" des conférences locales ouvertes aux pasteurs, aux prophètes, aux intercesseurs, etc…, tout au long de l'année, dans chaque région.

Au plan local, "des réunions hebdomadaires de prière doivent être organisées à l'intention des Chrétiens, notamment des responsables…" Parlant de la vision de cette stratégie divine, qu'il prétend avoir reçue le 6 février 1989, Joyner déclarait ceci : "Dieu ne m'a pas donné de calendrier. Mais j'ai senti que ces conférences commenceraient au début des années 90, et que cela prendrait plusieurs années avant qu'elles puissent être organisées dans les douze villes." Il ajoutait : "Il sera le plus souvent nécessaire (avec certaines exceptions) que ces conférences soient présidées par une entité qui ne soit pas impliquée directement dans la politique spirituelle locale."

C'est à ce moment que les groupes Vineyard entrent en action. Ils se présentent comme des catalyseurs, capables de promouvoir le dialogue entre dénominations. Dans le même temps, ils veillent à soigner leur image au sein de la communauté chrétienne, et gagnent régulièrement de nouveaux membres venant de beaucoup d'autres églises. Cela leur offre l'occasion de mettre en avant leurs propres dirigeants, qui se font ainsi de plus en plus reconnaître et respecter.

Dans son article, Joyner affirme : "Cette stratégie n'est en aucun cas destinée à lancer un nouveau courant dans l'Eglise, mais à être un moyen de faciliter les échanges entre les courants qui existent déjà, pour leur permettre de fusionner et de couler dans le même sens."

Il se peut que Joyner soit convaincu par sa propre propagande dans ce domaine, mais il est aussi convaincu par les faux prophètes de Kansas City.

Il dit aussi que les douze villes de sa vision sont Albany, Atlanta, Colombus, Dallas, Denver, Kansas City, Minneapolis, Orlando, Phœnix, Portland, Santa Maria, et Washington. Il estime que 98% de la population des Etats-Unis vit à moins de 900 km d'au moins une de ces villes, ce qui représente environ une journée de voiture.

Maintenant que les Chrétiens commencent à aboyer comme des chiens, à être secoués de convulsions, à rire comme des malades mentaux, et à se contorsionner dans des postures démoniaques, que va-t-il se passer si tout cela est reconnu, dans une ville tout près de chez vous, comme une preuve d'une "nouvelle action" du Saint-Esprit ?

Le soir de notre visite à l'église Vineyard de l'Aéroport de Toronto, dans le hall rempli de fumée de cigarettes, Steve a parlé avec un homme et une femme. L'homme lui a raconté comment il avait senti une "chose" noire, froide et glacée sortir de lui, au moment où il était à terre en train de rugir comme un lion, pour aller grimper sur le bras de la femme, qui était étendue près de lui. Tout cela pendant le "moment du ministère." Tous deux ne semblaient nullement inquiets ni anxieux au sujet de cette expérience. Il ne leur venait même pas à l'idée qu'ils pouvaient être en danger.

Deux Chrétiens de Toronto qui ont de l'expérience dans le ministère de délivrance nous ont dit qu'ils commençaient à constater de sérieux problèmes chez ceux qui fréquentaient l'assemblée Vineyard de Toronto. Je pense aux centaines de gens qui sont sortis de ces réunions pour retourner à l'aéroport, prendre un avion et repartir chez eux !

Je crains pour ma part que le Corps de Christ ait ouvert une boîte de Pandore. Cet ancien mythe grec raconte que Pandore a ouvert une boîte, et qu'il s'en est échappé une quantité de choses malfaisantes. "Pandore" signifie "remplie de dons." Elle avait été envoyée par Jupiter pour punir Prométhée, parce qu'il avait volé le feu du ciel. Dans Lévitique 10:1, Nadab et Abihu ont offert du "feu étranger" au Seigneur. Ils furent tués.

Jessie Penn-Lewis et Evan Roberts ont déjà étudié avec beaucoup de compétence et de profondeur le sujet des contrefaçons spirituelles, dans leur livre "La guerre aux Saints." Ce livre a été écrit au début des années 1900, après avoir été des témoins directs d'événements surnaturels lors du célèbre réveil du Pays de Galles. Il n'est pas surprenant que Rick Joyner ait écrit : "Il se peut que Jessie Penn-Lewis soit l'un des exemples historiques classiques de la manière dont les chasseurs d'hérésies sont utilisés par l'ennemi pour détruire une œuvre véritable du Saint-Esprit" (Revue Morningstar, Vol 2 N° 4).

La dame de New York qui avait prophétisé que Steve allait se casser une jambe m'avait aussi demandé, à brûle pourpoint : "Avez-vous un exemplaire de "La guerre aux Saints" ?" Je lui ai répondu sans hésiter que j'en avais un et qu'elle devrait le lire. Elle a répliqué : "Jetez ce livre ! Je monte au Canada, et je ne suis pas la seule !"

On m'a demandé ce que je pensais de ce qui se passe à l'église Vineyard de Toronto. À partir de ces souvenirs personnels, j'ai tenté de montrer pour quelles raisons il me fallait parler. Au cours de toutes ces années, j'ai eu trop de contacts, trop d'impressions, trop de témoignages vécus, pour conclure qu'il ne s'agit que de coïncidences. Je crois que tout cela était conduit par Dieu pour accomplir Ses plans dans nos vies, à Steve et à moi.

Je crois que les puissances démoniaques ont toujours combattu l'Eglise, et contre les œuvres du Saint-Esprit sur cette terre. Je crois que ces puissances démoniaques adorent se montrer en spectacle et attirer l'attention. Je crois qu'elles veulent détruire le témoignage de tous les Chrétiens, pour les rendre aussi inefficaces que possible, dans leurs efforts de servir Christ et de faire entrer les âmes perdues dans le salut éternel.

Je crois que la grande apostasie de 3 Thessaloniciens 2:3 a déjà commencé. En son temps, "l'homme de péché," le "fils de la perdition," sera révélé. "L'apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui périssent parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice, soient condamnés." (2 Thess. 2:9-12).

Je crois que le développement des fausses doctrines et de la séduction sur les réseaux de télévision chrétienne n'est qu'à son début. Ce qui va venir est bien pire. Je ne connais pas la forme finale que prendra l'hérésie, mais je sais que la Parole de Dieu dit que beaucoup dans l'Eglise s'écarteront de la vérité et chuteront. Je le répète, cela a déjà commencé.

Je crois que le Mouvement Vineyard est à présent contrôlé par les puissances démoniaques, tout comme le "Mouvement prophétique" de la Communauté de Kansas City. Je suppose que quelque part au plus haut niveau, on a donné à l'Ennemi le droit d'entrer. Selon l'expression de Jessie Penn-Lewis, on lui a "cédé le terrain."

L'église de Toronto, comme d'autres groupes Vineyard, se sont ouvertes depuis des années à des techniques occultes et du Nouvel Age. Ces techniques sont enseignées à leurs membres. Elles ont ouvert une porte encore plus grande aux puissances des ténèbres. C'est pourquoi les manifestations démoniaques deviennent de plus en plus puissantes.

Je crois que Satan a pour objectif de réunir toutes les églises et dénominations en une association fondée sur des fausses doctrines et un faux Evangile. Beaucoup de Chrétiens séduits montrent en fait à Dieu qu'ils n'ont aucun amour pour Sa vérité et qu'ils Lui sont infidèles. Ils croient pourtant être Chrétiens et aimer Jésus, mais ils seront jugés. Dieu permettra qu'ils soient séduits et qu'ils croient au mensonge. Le jour vient où ils adoreront avec joie l'Antichrist lui-même, quand il se présentera à eux comme un être surnaturel possédant de grands pouvoirs "divins."

Je crois que le Mouvement Vineyard joue aujourd'hui un rôle important en préparant la voie à cette affreuse séduction de la fin des temps. Il sera utilisé pour répandre le mensonge de l'Antichrist lui-même.

Au moment opportun, les "prophètes" reconnus par Vineyard et par la Communauté de Kansas City se mettront en avant, dans des églises de tous les Etats-Unis et du Canada. Ils donneront le même message. Ce sera un message de séduction spirituelle. Beaucoup seront séduits et les suivront. Ces prophètes proclameront que l'Antichrist est Dieu, et l'introduiront dans le Saint des Saints.

Satan sera finalement jeté dans le lac de feu. Mais il aura dévasté la vie des saints jusqu'au dernier instant de son existence maudite.

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L'original anglais de cet article est publié sur le site web de Banner Ministries. Adresse : http://www.banner.org.uk

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