- p.122 à 124 l'auteur justifie le "repos dans
l'Esprit" charismatico-torontiste :
"Quand on prie pour elles, il
arrive que des personnes tombent sur le sol, généralement en arrière, avec un
sentiment d'apesanteur ; allongées par terre pour une durée variable, elles
ressentent alors une impression de paix, quelquefois jusqu'à une sorte d'extase.
[...] Des observateurs sont parvenus à la conclusion que l'Esprit Saint
pouvait ainsi communiquer une grâce intérieure [...] L'analyse
probablement la plus récente se trouve dansle livre "Veux-tu guérir?" du frère
dominicain Rémi Schappacher (éd. du Cerf)".
Et de relater une de ces
soirées de guérison : "Au cours d'une récente soirée de guérison conduite
par des prêtres catholiques et un pasteur protestant..."
Encore une fois
l'oecuménisme, le mélange est complètement cautionné, aucune mise en garde
vis-à-vis du catholicisme, bien au contraire : la présence de prêtres
catholiques aux différents séminaires, conférences, retraites ou soirées
auxquelles assiste l'auteur est constamment mise en relief !
- p.125 à 129
l'auteur rapporte sa relation étrange avec la sonate de Beethoven
"l'Appasionnata", qu'il entendrait chaque fois à des moments particuliers, comme
des signes de réception de ses prières par Dieu (!) ou encore comme des signes
envoyés par son défunt fils.
p.126 il relate comment, après avoir entendu un
prêtre parler de la prière pour les défunts et du purgatoire, il s'était senti
coupable de ne pas avoir prié pour son fils, ce qu'il fera donc à plusieurs
reprises mais "avec réticence". On est alors en 2000, l'auteur étant
rattaché à une église évangélique depuis 5 ans ! Puis il arrêtera, convaincu par
... la sonate qui "m'a paru signifier que je manquais de foi en négligeant
les signes de vie de Julien avec Dieu reçus par moi en abondance" ! Ce
n'est pas la Parole de Dieu qui le convainc de la fausseté de cette pratique
mais une sorte de comunicaion avec Julien par le biais de cette sonate
!
p.128 "La sonate se présente comme un avis de bonne réception d'une
prière en groupe...".
p.129 "Je pense que Julien est personnellement
présent et agissant dans ce processus conduit par l'Esprit du Seigneur. Pourquoi
en douter ? Il était déjà dans la Voix de 1992."
- p.134 l'auteur se dit
fidèle au groupe de prière interconfessionnel de la pierre d'Angle, l'un des
plus anciens du Renouveau Charismatique en France. Il relate d'ailleurs la
visite de Carlos Payan à ce groupe (cf. "Paris tout est possible" rencontres
éminemment oecuméniques, avec de nombreux prêtres...).
p.135 "Je me
déplace facilement dune communauté protestante à une communauté catholique et
inversement. Je me sens à l'aise dans une assemblée interconfessionnelle. Il est
bon de rappeler à certains que le catholicisme et le protestantisme, ainsi que
l'orthodoxie, font partie d'une religion commune, le Christianisme, avec des
cultes et des traditions distincts."
On ne peut mieux gommer et passer
sous silence les divergences doctrinales : tout serait affaire de
différences de formes ("cultes et traditions"). Dès lors en ffet, pourquoi ne
pas passer de l'un à l'autre et inversement !!
- p.141 à 145, l'auteur
donne le témoignage de 4 familles catholiques sur leur réaction devant la perte
d'un enfant. La conviction d'une résurrection avec le christ est affirmée mais
sans aucune référence à la repentance ou la conversion. Le cas de Mado Maurin,
mère de l'acteur Patrick Dewaere qui s'est suicidé à l'âge de 35 ans, est cité :
"Depuis que Patrick est parti tout d'un coup, je crois à la résurrection des
morts, je crois que je retrouverai mon fils, c'est le cadeau qu'il m'a fait en
donnant sa vie". L'expression "donner sa vie" pour un suicide est plutôt
étonnant, mais plus encore le fait que cela impliquerait nécessairement un salut
de l'âme. Patrick Dewaere n'a pas été connu pour avoir rencontré le Seigneur, il
faisait sa vie d'acteur avec des films parfois immoraux ("Les valseuses" par
exemple). Bien sûr, il est toujours possible qu'il ait rencontré le Seigneur,
mais aucun élément ne permet même de le supposer.
Toujours Mado Maurin :
"Je m'adresse à toutes les mamans dont les enfants se sont tués. Je suis
avec elles. Je leur jure que la résurrection existe et que leur petit, il est à
côté d'elles, il les accompagne ; il ne les quittera plus, plus jamais". Il
s'agit là d'affirmations émotionnelles, d'une croyance émotionnelle, qui se veut
rassurante, et qui touche à l'universalisme.
L'auteur indique que "ceux
que nous aimons et qui sont partis vivent en Dieu", ce qui peut être vrai
mais pas inconditionnellement, autrement c'est de l'universalisme sentimental.
Rien ne permet de faire la distinction dans les propos de l'auteur.
- p.151,
poésie de Charles Péguy : [c'est un mort qui s'exprime] "... parlez-moi
comme vous l'avez toujours fait... priez pour moi".
Il s'agit donc clairement d'un livre de
témoignage et non de doctrine, mais il est en cela un piège car il est truffé de
subjectivisme et rempli d'expériences non basées sur la Parole de Dieu. C'est
une promotion très claire de l'oecuménisme et d'une forme de mysticisme. Il est
inconcevable que la LLB ait diffusé ce livre et le promeuve encore à ce
jour.